Le marché IT est porté en 2025 par la reprise des investissements dans les domaines du cloud computing, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité. Avec le développement massif de l’IA générative, la croissance du secteur des services IT est estimée à environ 8% en 2025.
À travers cet article, plongez au cœur des tendances IT 2025 et découvrez comment elles redéfinissent les priorités des entreprises en termes de recrutement et de gestion des talents.
1. Un marché IT en transition : stabilité et compétition accrue
Le marché européen de l’IT devrait atteindre 1 280 milliards de dollars en 2025, soit une croissance de 8,7 % par rapport à 2024. En France, une progression de 4% est attendue en 2025, dépassant 70 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Après un boom ces dernières années, le secteur des services IT devrait se stabiliser, avec une croissance modérée à l’horizon 2025.

Par ailleurs, le secteur connaît un ralentissement des recrutements depuis le 2è semestre 2024. Le volume d’offres d’emploi a tendance à diminuer, et la concurrence entre candidats s’intensifie. Ce qui a pour conséquence de tendre le marché IT du recrutement et d’impacter prioritairement les profils en reconversion et les jeunes diplômés.
Cette évolution s’explique également par l’essor du freelancing, avec 300 000 freelances supplémentaires en 2024 par rapport à 2023, ce qui accentue la pression sur les opportunités disponibles.
Il y a d’un côté des processus de recrutements qui s’allongent face aux nombres de candidats disponibles et de l’autre, de plus en plus de freelances IT à la recherche de missions.
2. Les compétences les plus demandées en 2025
L’explosion de l’IA va continuer d’exercer une pression sur le marché IT, et notamment sur des profils qualifiés et polyvalents capables de répondre aux exigences des secteurs de pointe.
Voici quelques exemples de métiers recherchés activement :
Les ingénieurs en Intelligence Artificielle (IA)
Les spécialistes en IA sont recherchés pour développer et optimiser des algorithmes qui révolutionnent la manière dont les entreprises exploitent les données.
Les data scientists
L’exploitation des données et l’IA sont au cœur des stratégies d’innovation. Grâce à leurs compétences analytiques, les data scientists identifient les tendances et insights cachés dans les données, ce qui permet d’orienter la stratégie marketing, le pricing, l’optimisation des processus ou encore la R&D.
Les ingénieurs en DevOps et Product Management
Ils ont pour mission de mettre en place et d’optimiser une chaîne d’outils et de processus intégrés pour automatiser et sécuriser les déploiements d’applications afin de permettre des livraisons fréquentes, fiables et de qualité.
Ces compétences précises seront sollicitées par les entreprises en 2025, avec une demande accrue dans certains secteurs d’activité.

3. Les secteurs porteurs en 2025
Face à la multiplication et à la sophistication croissante des cybermenaces, sécuriser les systèmes d’information devient l’enjeu majeur des entreprises. Les dépenses mondiales devraient s’élever à 250 milliards de dollars en 2025, avec 60 % des entreprises en faisant une priorité absolue.
Les nouveaux métiers et les offres d’emploi explosent dans le domaine de la cybersécurité pour répondre aux besoins des entreprises de se protéger.
💡A savoir
La demande ne cesse de croître, les opportunités de carrière sont nombreuses et les salaires sont attractifs pour les professionnels qualifiés. La Fédération Française de la Cybersécurité s’est engagée à créer 20 000 emplois dans le secteur d’ici 2026 !
Il y a également une forte demande sur le marché des data centers. La prise de conscience sur le changement climatique renforce la volonté des acteurs du secteur IT de rendre les infrastructures plus écologiques.
L’adoption de l’IA par les entreprises va s’accentuer et engendrer de fortes demandes en compétences dans les domaines de la finance, du transport ou du divertissement.
Le secteur de l’industrie, traditionnellement en quête d’innovations, ne sera pas en reste. De nouvelles opportunités émergeront avec l’automatisation et la digitalisation croissantes.
Enfin, les talents seront particulièrement prisés dans des secteurs tels que la santé, pour améliorer le diagnostic médical, l’automobile, avec le développement des véhicules autonomes, et le marketing prédictif, où l’IA personnalise les expériences client.
Nous voyons bien que l’IA bouleverse le secteur IT, sans pour autant signer la fin des métiers tech. Au contraire, elle redéfinit les compétences requises et crée de nouvelles opportunités pour les professionnels capables de s’adapter.
4. IA générative : menace ou opportunité ?
Selon Gartner, les dépenses en services IT liés à l’IA passeront de 78 milliards de dollars en 2024 à 94 milliards en 2025. Soit une progression de plus de 20 % en Europe.

Derrière les craintes de suppression d’emplois, une réalité plus nuancée émerge : l’IA ne remplace pas les experts, elle change la façon dont ils travaillent. En 2025, les entreprises recherchent des profils capables de maîtriser ces outils tout en y apportant une valeur ajoutée humaine.
Développeurs, data scientists, ingénieurs en IA ou experts en cybersécurité devront allier expertise technique et capacité à exploiter l’IA pour optimiser les processus et affiner les prises de décision.
La compréhension des technologies d’IA devient une compétence requise, de même que la maîtrise de la programmation avancée, de l’analyse de données et de la communication.
Ceux qui sauront se servir intelligemment de l’IA générative pour apporter une valeur stratégique aux entreprises auront une longueur d’avance dans le marché IT de demain. C’est pourquoi l’IA va bouleverser les codes du recrutement, en mettant l’accent sur les compétences comportementales requises pour les métiers tech.
5. Soft skills et gestion des talents
Dans un marché IT de plus en plus compétitif, les soft skills deviennent un critère de sélection aussi stratégique que les compétences techniques. Les employeurs évaluent chez les talents leur capacité à collaborer, à résoudre des problèmes complexes et à s’adapter aux évolutions.
L’adaptabilité est primordiale face à l’accélération des innovations. Les professionnels IT doivent être capables d’intégrer rapidement de nouvelles technologies et d’anticiper les mutations du secteur. La gestion de la complexité devient un atout majeur : dans un environnement où les projets impliquent des équipes pluridisciplinaires – développeurs, experts cloud, data scientists, spécialistes en cybersécurité –, la collaboration efficace est essentielle pour garantir la cohérence et la performance des systèmes.
Dans un secteur où les hard skills ont toujours eu un poids très fort dans les recrutements, les entreprises innovent dans leurs stratégies de recrutement et de fidélisation. Les recruteurs recherchent désormais des talents capables de conjuguer expertise technique et intelligence relationnelle.
L’une des clés pour se démarquer reste le réseautage. Une grande partie des opportunités passent sous le radar des annonces officielles : elles circulent via le bouche-à-oreille, les recommandations et les connexions établies sur LinkedIn ou lors d’événements professionnels. Savoir entretenir et développer son réseau est un levier incontournable pour accéder aux missions les mieux rémunérées.
6. Évolution des rémunérations
La montée en puissance des compétences spécialisées, notamment en cybersécurité, exacerbe la pénurie de talents. Avec 3,5 millions de postes vacants dans le monde, les entreprises se livrent une concurrence acharnée pour attirer les meilleurs profils. Pour combler ce déficit, les entreprises doivent investir dans le capital humain, en développant des programmes de formation et en explorant des viviers de talents non traditionnels.
Elles élargissent de plus en plus leurs sources de recrutement, en intégrant des talents issus de parcours atypiques ou en favorisant la mobilité internationale.
Dans ce contexte, une fracture s’opère entre :
- Les entreprises prêtes à payer le prix fort pour des profils rares, ultra-qualifiés, capables de sécuriser leurs infrastructures, d’optimiser leurs systèmes ou de piloter des projets stratégiques, et qui tirent les rémunérations vers le haut.
- Et une concurrence internationale qui s’installe avec des entreprises qui déplacent leurs activités tech dans des centres de services externalisés (Portugal, Roumanie, Inde…) entraînant une pression à la baisse sur les salaires et les tarifs journaliers moyens des freelances.
En 2025, la clé pour tirer son épingle du jeu réside dans la capacité à négocier intelligemment avec une approche stratégique – mise en avant des compétences rares, spécialisation poussée, preuve d’impact sur des projets précédents – pour justifier une rémunération élevée.
Selon l’étude annuelle sur les rémunérations cadres réalisée par le cabinet Robert Walters, les augmentations salariales dans les métiers IT sont estimées à 3% en 2025. Ce chiffre, comparé aux 7% affichés en 2024, confirme les tensions observées sur le marché.

7. CDI vs Freelance : quelle dynamique ?
En 2025, le marché IT ne suit pas une tendance unique entre CDI et freelances. Chaque entreprise ajuste sa stratégie en fonction de ses besoins, de sa roadmap et des compétences qu’elle recherche. D’un côté, le CDI offre une stabilité et une vision à long terme ; de l’autre, le freelancing permet une flexibilité précieuse pour des missions spécialisées ou urgentes. Face à ces deux dynamiques, les entreprises IT adoptent de plus en plus une approche hybride, combinant le meilleur des deux mondes.
Certaines entreprises IT vont encore plus loin en créant des pôles mixtes où freelances et salariés collaborent directement sur des projets stratégiques. Ce modèle favorise la montée en compétences des équipes internes et assure une continuité dans les projets. D’autres optent pour des dispositifs modulaires, intégrant des freelances sur des missions spécifiques avant qu’ils ne transmettent leur expertise aux équipes internes.
Le choix entre freelances et CDI ne se résume pas à une opposition, mais bien à une complémentarité stratégique. En structurant leur recrutement autour d’une vision globale et d’outils collaboratifs, les entreprises maximisent la synergie entre ces deux modèles et s’assurent de répondre efficacement aux enjeux de l’IT en 2025.
Les trois points clés à retenir :
- Un marché en mutation et une compétition accrue : Le marché IT connaît une stabilisation après une période d’expansion, avec une intensification de la concurrence entre candidats, notamment due à l’essor du freelancing.
- Des compétences clés en forte demande : L’IA, la data science, la cybersécurité et le DevOps restent des domaines critiques où les entreprises se livrent une véritable guerre des talents.
- L’importance des soft skills et de l’adaptabilité : Au-delà des compétences techniques, les recruteurs valorisent de plus en plus la capacité à collaborer, apprendre et évoluer dans un environnement en perpétuel changement.
En 2025, les tendances montrent une évolution des compétences recherchées, des modes de travail et l’impact croissant de l’IA (et donc de la cybersécurité). Les entreprises qui sauront anticiper ces mutations en investissant dans la formation, l’attraction et la fidélisation des talents seront les mieux placées pour prospérer dans cet environnement dynamique.
Côté candidats, l’adaptabilité et la montée en compétence sur les technologies émergentes seront les clés pour tirer parti des opportunités offertes par ce secteur en pleine évolution.